
J’ai peur de voyager : par où commencer quand on n’ose pas partir ?
Tu aimerais voyager.
Vraiment.
Tu regardes des destinations, tu imagines des paysages, tu enregistres peut-être quelques idées… et pendant quelques minutes, l’envie prend toute la place.
Puis une autre pensée arrive.
« Oui, mais… est-ce que j’en serais vraiment capable ? »
Et soudain, tout paraît beaucoup plus compliqué.
Choisir une destination.
Réserver un hébergement.
Prendre l’avion ou le train.
Être loin de chez toi.
Faire face à un imprévu.
Alors tu refermes l’onglet.
Tu te dis que tu verras plus tard.
Et ton envie de voyager retourne doucement dans la catégorie des « un jour, peut-être ».
Si tu as peur de voyager et que tu ne sais pas par où commencer, j’aimerais te proposer quelque chose de différent.
Ne pense pas encore au départ.
Commence simplement par le prochain petit pas qui te semble possible.
Quand on a peur de voyager, on regarde souvent trop loin
C’est l’un des pièges les plus faciles dans lesquels tomber.
Tu penses :
« J’aimerais voyager. »
Et ton cerveau traduit immédiatement :
« Il va falloir choisir une destination, réserver, prendre l’avion, quitter mes repères, me débrouiller sur place et gérer tout ce qui pourrait arriver. »
Évidemment que cela paraît énorme.
Tu essaies mentalement de vivre tout le voyage alors que tu n’en es encore qu’au début.
Imagine un escalier.
Si tu restes en bas en regardant directement la dernière marche, la distance peut sembler impressionnante.
Mais tu n’as pas besoin d’atteindre la dernière marche aujourd’hui.
Tu as seulement besoin de trouver la première.à gagner en cherchant l’inconfort.
Première étape : comprendre ce qui te fait réellement peur
Dire « j’ai peur de voyager » peut cacher beaucoup de choses.
Peut-être as-tu peur :
- de prendre l’avion ;
- de te perdre ;
- d’être loin de chez toi ;
- d’avoir un problème de santé ;
- de ne pas savoir quoi faire en cas d’imprévu ;
- de voyager seul(e) ;
- de faire une crise d’angoisse ;
- de regretter ta décision ;
- de ne pas réussir à te débrouiller.
Essaie de terminer cette phrase :
« Si je partais demain, ce qui m’inquiéterait le plus serait… »
Ta réponse est précieuse.
Parce qu’une peur vague paraît immense.
Une peur précise devient beaucoup plus facile à comprendre et à apprivoiser.
Deuxième étape : ne choisis pas encore ton voyage de rêve
Cela peut sembler étrange.
Après tout, si tu veux commencer à voyager, pourquoi ne pas choisir immédiatement la destination qui te fait rêver ?
Parce que ton premier voyage n’a pas besoin d’être le voyage de ta vie.
Il peut simplement être le voyage qui te permettra de découvrir :
« Ah… je peux faire ça. »
Peut-être qu’un séjour de deux nuits à quelques heures de chez toi te rassurerait davantage qu’une semaine à l’étranger.
Peut-être que le train te semble plus accessible que l’avion.
Peut-être que tu préfères une petite ville calme à une immense capitale.
Ce n’est pas renoncer à tes grands rêves.
C’est construire le chemin qui pourra, un jour, t’y conduire.
Troisième étape : cherche ce qui pourrait te rassurer
Lorsque l’on prépare un voyage, on cherche souvent :
« Qu’est-ce que je veux voir ? »
Mais pour un premier voyage, une autre question peut être beaucoup plus utile :
« De quoi ai-je besoin pour me sentir suffisamment en sécurité ? »
Peut-être as-tu besoin :
d’un hébergement proche du centre,
d’arriver en journée,
d’avoir ton trajet déjà prévu,
de connaître quelques restaurants à proximité,
d’avoir une personne à appeler,
ou simplement de savoir que tu peux rentrer facilement si tu en ressens le besoin.
Ces besoins ne sont pas des faiblesses.
Ce sont des informations qui t’aident à construire un voyage adapté à toi.
Quatrième étape : fais un voyage sur papier
Avant de réserver quoi que ce soit, autorise-toi à imaginer.
Choisis une destination qui te paraît accessible.
Puis construis un voyage fictif.
Regarde comment tu pourrais t’y rendre.
Cherche un hébergement.
Repère la gare ou l’aéroport.
Regarde les distances.
Imagine ce que tu pourrais faire le premier jour.
Tu n’as rien à acheter.
Rien à confirmer.
Tu explores simplement une possibilité.
Et parfois, quelque chose change à ce moment-là.
Ce qui ressemblait à un immense inconnu commence à avoir des contours.
Une gare.
Une rue.
Un hôtel.
Un trajet.
Un café.
Le voyage devient moins abstrait.
Et ce qui devient familier paraît souvent un peu moins effrayant.
Cinquième étape : entraîne-toi à partir
Ton premier pas n’a même pas besoin d’être un voyage.
Tu peux créer de petites expériences.
Prendre seul(e) un train vers une ville voisine.
Passer une journée dans un endroit que tu ne connais pas.
Réserver une nuit près de chez toi.
Tester un trajet jusqu’à un aéroport.
Manger seul(e) dans un restaurant.
Chaque expérience te permet de récolter quelque chose de précieux :
des preuves.
La preuve que tu peux trouver ton chemin.
La preuve que tu peux demander de l’aide.
La preuve que tu peux être loin de chez toi quelques heures.
La preuve que tu peux ressentir de l’inquiétude… et continuer malgré elle.
Petit à petit, ton cerveau ne possède plus seulement des scénarios inquiétants.
Il possède aussi des expériences rassurantes.
Sixième étape : prépare un filet de sécurité
Oser voyager ne signifie pas partir sans filet.
Au contraire.
Pour te sentir plus serein(e), tu peux préparer quelques repères :
- les coordonnées de ton hébergement ;
- tes billets accessibles hors connexion ;
- une copie de tes documents importants ;
- quelques numéros utiles ;
- une solution de secours pour certains trajets ;
- une personne de confiance qui connaît ton itinéraire.
Le but n’est pas de prévoir toutes les catastrophes possibles.
C’est simplement de pouvoir te dire :
« Si quelque chose ne se déroule pas comme prévu, je ne serai pas complètement démuni(e). »
Et cette pensée peut faire une grande différence.
Septième étape : ne fais pas de la réservation un examen
Le moment de réserver peut réveiller beaucoup d’émotions.
Tant que tu regardes des destinations, le voyage reste une possibilité.
Lorsque tu cliques sur « réserver », il devient réel.
Alors ton cœur accélère.
Ton cerveau recommence peut-être à chercher toutes les raisons pour lesquelles tu ne devrais pas partir.
Cela ne signifie pas nécessairement que tu fais le mauvais choix.
Cela signifie parfois simplement que tu franchis une étape importante.
Tu n’as pas échoué parce que tu as peur au moment de réserver.
Tu es une personne qui a peur et qui essaie malgré tout d’avancer.
Et si tu n’étais pas encore prêt(e) à réserver ?
Alors ne réserve pas.
Vraiment.
Tu n’as rien à prouver.
Ton prochain pas peut être beaucoup plus petit.
Aujourd’hui, tu peux simplement décider de chercher trois destinations.
Demain, en éliminer une.
Ce week-end, regarder les transports.
La semaine prochaine, comparer deux hébergements.
Tu peux construire ton voyage suffisamment lentement pour que ton esprit ait le temps de s’y habituer.
Avancer doucement reste avancer.
N’attends pas forcément que la peur disparaisse
Il existe une idée très rassurante en apparence :
« Je partirai lorsque je n’aurai plus peur. »
Le problème, c’est que ce jour n’arrive pas toujours.
Parce que la confiance ne se construit pas uniquement en réfléchissant.
Elle se construit aussi lorsque tu fais une petite chose qui t’inquiète et que tu découvres ensuite :
« Finalement, j’ai réussi. »
Puis une autre.
Puis encore une autre.
Tu n’as donc pas besoin d’attendre d’être une personne parfaitement confiante pour voyager.
Tu peux apprendre à voyager avec une petite part de peur à tes côtés, sans lui laisser choisir ta destination à ta place.
Alors, par où commencer aujourd’hui ?
Pas par un billet d’avion.
Pas par une valise.
Et certainement pas par l’obligation de devenir courageux(se) du jour au lendemain.
Prends simplement une feuille ou ouvre une note sur ton téléphone.
Écris :
Le voyage que j’aimerais faire :
Puis :
Ce qui me fait le plus peur :
Et enfin :
La plus petite chose que je pourrais faire cette semaine pour rendre ce voyage un peu moins effrayant :
Une seule action.
C’est suffisant.
Parce qu’aujourd’hui, ton objectif n’est pas encore de partir.
Ton objectif est simplement de commencer.
Conclusion
Si tu as peur de voyager, tu peux avoir l’impression qu’il existe deux possibilités :
rester chez toi…
ou trouver soudainement le courage de partir.
Mais entre les deux, il existe tout un chemin.
Un chemin fait de recherches.
De petits essais.
De questions.
De préparatifs.
De moments où tu avanceras.
Et peut-être aussi de moments où tu auras besoin de ralentir.
Tu n’as pas besoin de parcourir tout ce chemin aujourd’hui.
Tu as seulement besoin de faire le prochain pas qui te semble possible.
Et si, malgré tout, une petite voix te répète encore que le voyage est réservé aux personnes courageuses, spontanées ou aventurières, je t’invite à lire « Tu n’as pas besoin d’être une aventurière pour aimer voyager ».
Parce qu’avant de chercher à devenir la voyageuse que tu imagines devoir être, il y a peut-être quelque chose de beaucoup plus important à découvrir :
tu as le droit de devenir la voyageuse qui te ressemble.
Pour aller plus loin
Si tu rêves de voyager mais que tout en toi hésite encore, j’ai créé un guide pensé pour les personnes sensibles qui ont peur de se lancer.
« Oser voyager quand tout en soi hésite »
Le guide tout en douceur pour passer du rêve au premier pas.
